dimanche 14 décembre 2014

Sortie du film Charlie's country le 17 décembre en France

Il y a deux mois, je rencontrais Patrick Sibourd, le distributeur pour la France du film Charlie's country. Nous nous étions croisé un peu par hasard avec son équipe de Nour films, dans leurs bureaux près du Père Lachaise. A cette occasion il me remettait un DVD pour visionner le film en avant première et me forger un avis.

Il m'a fallu retrouver les câbles pour brancher à nouveau mon lecteur de DVD, un peu oublié sous la poussière. Miracle il marchait encore et me voilà parti à nouveau pour l'Australie, confortablement assis dans mon fauteuil. Cela me change nettement du périple de 17 000 km réalisé cet été sur les pistes rouges du bush.

La main invisible du cinéaste

Immédiatement je suis frappé par l'image, l'intensité si fidèle de la lumière, comme si ma mémoire me projetait elle-même les images captées cet été dans les territoires du Nord.
Cette impression de familiarité pourrait être liée aux lieux déjà traversés. Mais en réalité c'est autre chose de plus subtile, qui se produit.
Je perçois la main du cinéaste et le jeu de la caméra,  qui saisit l'instant, avec intensité, toute en discrétion, comme si elle n'existait plus. C'est un peu comme si le spectateur devenait lui-même un membre invisible de la scène.
Par moment la barrière entre la fiction et le documentaire semble fragile, tellement les acteurs comme David Gulpilil, apparaissent incarnés, et crèvent l'écran avec leurs nobles visages et leur port hiératique.

Tutoyer la réalité complexe des Aborigènes

Le cinéaste Rolf de Heer a su trouver le ton, pour nous permettre d'appréhender cette fracture Aborigène entre la vie traditionnelle et le monde moderne, entre abandon, errements et engagement auprès des plus jeunes.
A travers le héros David Gulpilil, nous traversons ces différents univers avec humour et gravité dans une sorte de parcours initiatique. Les dernières images sont magnifiques quand Charlie trouve après la prison, sa propre vocation, et se destine à transmettre ses connaissances aux plus jeunes, dans ce cycle infini de générations en générations.

Une parabole philosophique

Ce film d'auteur me semble particulièrement marquant, tant il nous confronte à nos propres contradictions, à nos questionnements intérieurs sur nos choix de vie, au delà des problématiques australiennes, dans une sorte de parabole universelle qui nous invite à prolonger la réflexion.

J'entends encore les rires des Aborigènes, leur façon légère et tragique de traverser les embuches de l'existence. Le temps d'un film, le héros nous a invité au cheminement intérieur de toute une vie.

Si vous souhaitez rencontrer le cinéaste Rolf de Heer, il vous reste une occasion ce mercredi 17 décembre au MK2 Beaubourg, à 20h00.

Réservation nécessaire : http://www.mk2.com/salles/mke-beaubourg

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