mercredi 19 septembre 2007

L'émergence d'un artiste aborigène : Daniel Walbidi


Rêve de la terre natale, by Daniel Walbidi ©, Bidyadanga.
Collection privée BROCARD II.


Attendre une peinture... C'est bien souvent un terrible moment. L'inquiétude que celle-ci ne parvienne pas à destination. Que la douane toujours zélée bloque le dossier. Pire qu'elle renvoie l'oeuvre, les courriers pour honorer les taxes ayant été égarés. Bref il existe sa part de logistique et tous les tourments autour.

Mais peut-être la plus troublante appréhension est celle de la toute prochaine rencontre avec l'objet. Certes vous l'avez observé sous tous les angles, à travers des photographies, en basse et haute résolution. A l'aide d'outils comme photoshop vous avez même parcouru les plus infimes détails pour être certain avant de décider. Et oui c'est cela internet, les achats à distance. Imaginez, recréer le tangible à travers le virtuel pour forger son opinion, être capable de passer à l'achat.

Et puis voilà. L'heure de la rencontre approche. Un moment presque fébrile où vous déballez le tube, carton ou caisse. Et enfin vous déroulez la toile. Silence. Surprise. C'est enfin l'objet désiré.

Rarement j'ai été déçu. Bien plus souvent sous le charme. Telle une retrouvaille comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Puis apprenions ensuite à nous apprivoiser. Car l'art aborigène n'est pas un art facile, immédiat, implicite pour nous occidentaux. Il demande bien souvent une introduction, une progression vers ses différentes dimensions. Certes il y a des coups de foudre immédiats pour un style particulier. Ils seront ensuite vecteurs vers d'autres formes, communautés, jeux de couleurs. Un peu des passeports vers d'autres mondes.

L'illustration choisie pour ce post n'est pas innocente. J'attends cette peinture du jeune artiste Daniel Walbidi, de la communauté de Bidyadanga évoquée dans d'autres nouvelles :
- Innovation et rupture chez les Bidyadangas
- Artistes de Bidyadanga à découvrir

Cette oeuvre provient de la vente annuelle de la fondation Shalom Gamarada Art Exhibition qui finance avec les résultats des bourses universitaires pour de jeunes aborigènes. Le succès cette année de l'opération permettra d'aider 11 jeunes du peuple noir Australien.

Ici l'artiste évoque sa terre natale et réinvente de façon innovante les codes couleurs de la communauté, avec une palette magnifique autour des bleus, verts, soulignant les nuances subtiles du bord de l'Océan. Un endroit propice à la vie où la communauté de Bidyadanga s'est réfugiée après de terribles années de sécheresse.

Comment se passera cette première rencontre ? ;-)

© artiste Daniel Walbidi, communauté de Bidyadanga

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